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Retour sur le lancement de Mon Espace Santé

By 24 février 2022mars 11th, 2022No Comments
Mon Espace Santé

Retour sur le lancement de Mon Espace Santé

Lancé officiellement le 3 février 2022, Mon Espace Santé est un espace numérique de santé (ENS) à destination des citoyens, développé par le ministère des Solidarités et de la Santé ainsi que par l’Assurance maladie, en coopération avec les différents acteurs et usagers.

Tous les Français ont aujourd’hui la possibilité d’activer « Mon Espace Santé » en ligne. Service numérique de confiance fonctionnant comme un carnet de santé interactif, Mon Espace Santé permet aux usagers d’accéder à leurs documents et informations utiles pour leur santé, tout en garantissant la protection de leurs données et la préservation du secret médical. Cet espace est composé de 4 éléments : un dossier médical partagé (DMP) amélioré, une messagerie sécurisée, un agenda et un catalogue de services.

Selon Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, la mise en service de Mon Espace Santé, grand projet de la feuille de route du numérique en santé, permettra aux citoyens de devenir pleinement acteurs de leur santé.

Historique du développement de Mon Espace Santé

Outil conçu en concertation avec les usagers

Prévu dans le cadre de la feuille de route du numérique en santé du gouvernement présentée au printemps 2019, l’ENS a été construit en concertation avec l’ensemble de l’écosystème (usagers, associations de patients, professionnels de santé, institutions, industriels et acteurs de la e-santé).

Expérimentation dans 3 départements pilotes

Après cette étape de construction, ralentie par la crise sanitaire liée au Covid-19, une phase d’expérimentation a débuté en juillet 2021. Dans trois départements pilotes, la Haute-Garonne, la Loire- Atlantique et la Somme, une version bêta de Mon Espace Santé avec un accès au DMP amélioré et à la messagerie sécurisée de santé (MSSanté), a été proposée.

En janvier 2022, la Caisse nationale d’Assurance maladie (CNAM) indiquait que parmi les 3,3 millions de profils ouverts dans ces trois départements pilotes, 4,9 % contiennent « au moins un document » (lettre de liaison, résultats d’analyses…). En outre, le taux de fermeture de Mon Espace Santé est de seulement 0,03 %, tandis que le taux d’opposition à l’ouverture est de 0,69 %. Cette expérimentation a donc été considérée comme un succès, encourageant vers la généralisation de ce service, et a permis d’améliorer certaines fonctionnalités.

Généralisation de Mon Espace Santé en 2022

Si la généralisation de Mon Espace Santé était prévue le 1er janvier 2022, celle-ci a pris un peu de retard. Le ministre des Solidarités et de la Santé a officiellement lancé ce service le 3 février 2022. Les citoyens peuvent donc déjà activer leur ENS sur monespacesante.fr. Si 10,1 millions de Français avaient fait la démarche d’ouvrir leur DMP, l’ouverture de Mon Espace Santé sera automatique à partir de 2 mars 2022 pour les 65 millions d’assurés, sauf si l’usager exprime son refus avant cette date.

Afin de favoriser le déploiement de Mon Espace Santé, en plus des 4 000 conseillers France Service recrutés pour favoriser l’inclusion numérique dans les territoires, 18 « conseillers numérique santé », soit un par région, accompagneront à partir de début 2022 les populations les moins acculturées au numérique dans la prise en main et la découverte de l’ENS.

Par ailleurs, à date, Mon Espace Santé ne propose que deux services sur les quatre prévus : le DMP amélioré, la messagerie sécurisée. Les deux autres éléments, que sont l’agenda de santé et l’accès à une bibliothèque d’applications santé sélectionnées, seront ajoutés courant 2022. En effet, la procédure de référencement des applications de e-santé au catalogue de l’ENS a été ouverte le 16 décembre 2021. La délégation du numérique en santé et la commission chargée d’analyser les dossiers présenteront courant 2022, une première série d’applications sélectionnées pour faire partie du catalogue de Mon Espace Santé.

Outils à disposition dans Mon Espace Santé

Mon Espace Santé, considéré comme un carnet de santé numérique amélioré, contient quatre éléments :

  • Une version améliorée du Dossier Médical Partagé (DMP) : l’ENS intègre le DMP, qui sera supprimé, pour stocker et partager les données de santé du patient : ordonnances, traitements, résultats d’examens, antécédents médicaux, comptes-rendus d’hospitalisation, vaccination… ;
  • Une messagerie sécurisée de santé (MSSanté) : les patients pourront recevoir des messages des professionnels de santé qui les accompagnent dans un cadre protégé ;
  • Un agenda santé : qui permettra au patient de gérer ses rendez-vous médicaux et de recevoir des rappels pour les dates clés des examens de contrôle (bilans, mammographie, vaccination…) ;
  • Un catalogue de services numériques de santé référencés par l’État : les citoyens pourront découvrir des services utiles en santé, homologués par l’État, et gérer les accès à leurs données de santé.

Enjeux et objectifs de Mon Espace Santé

Mon Espace Santé fonctionnement

Un outil dont les acteurs doivent se saisir

Pour Olivier Véran, l’ensemble des acteurs de la santé sont co-responsables de la réussite de Mon Espace Santé. Alors que les pouvoirs publics consacrent des moyens importants pour mettre en œuvre cette plateforme souveraine, les industriels éditeurs et start-up sont encouragés à mettre à niveau leurs logiciels pour se connecter à Mon Espace Santé et proposer des applications à référencer dans le catalogue de services. En outre, les professionnels de santé et les établissements de santé ont la responsabilité de pousser les données dans Mon Espace Santé.

De plus, dans un contexte où Mon Espace Santé se généralise, France Assos Santé estime que « l’adhésion aux outils numériques par les usagers est un enjeu crucial » pour un meilleur accès et une meilleure qualité des soins.

Améliorer le parcours de soins

Si l’une des réformes prioritaires du ministère des Solidarités et de la Santé est d’« accélérer le déploiement et l’usage des services numériques socles, et notamment Mon Espace Santé », Thomas Fatôme, directeur général de la CNAM, et Dominique Pon, responsable ministériel du numérique en santé, ont déclaré que « ce n’est pas seulement un coffre-fort de nos données de santé, c’est un espace santé dynamique ».

Ainsi, il permettra à chaque citoyen de disposer d’une vision consolidée de son parcours de santé et d’aboutir à une meilleure coordination de ses soins. Mon Espace Santé vise donc à simplifier le quotidien des professionnels de santé et rendre les citoyens acteurs. Financé par le Ségur Numérique, il témoigne également de la nécessité d’aboutir à un partage fluide et sécurisé des données de santé entre professionnels de santé et avec les usagers.

D’ici deux ans, l’objectif est de passer de 10 à 500 millions de documents échangés par an via le DMP et la MSSanté, mais aussi de faire en sorte que l’ensemble des logiciels utilisés par les professionnels de santé soient compatibles avec Mon Espace Santé.

Une plateforme éthique et des données hébergées en France

Lors du lancement de Mon Espace Santé, Olivier Véran a rappelé que pour la viabilité du projet, « il est indispensable que celui-ci soit porté par le service public, que son usage soit simple et gratuit, et qu’il soit hébergé intégralement en France ».

Mon Espace Santé doit permettre le partage sécurisé des données de santé entre professionnels et patients. En effet, les données de santé présentes sur la plateforme sont hébergées en France et protégées par l’Assurance maladie, dans un environnement sécurisé et certifié HDS (Hébergeur de Données de Santé).

Par ailleurs, les applications référencées dans le catalogue de Mon Espace Santé doivent répondre à des critères éthiques. Les services doivent ainsi être « accessibles à tous », « transparents sur le traitement des données », « honorer l’éthique de l’intelligence artificielle en santé » et « être écoresponsables ».

Les évolutions prévues

Un service en amélioration continue

Après son déploiement national, Mon Espace Santé est amené à s’améliorer en continu, avec de nouvelles fonctionnalités dès les prochains mois. Par exemple, l’application mobile Mon Espace Santé et l’ajout du calendrier vaccinal notamment dans le carnet de vaccination des enfants devraient être disponibles avant la fin du 1er trimestre 2022.

Les 2e et 3e trimestres 2022 seront quant à eux marqués notamment par l’ouverture du catalogue de services, avec la possibilité pour l’utilisateur d’autoriser les premiers échanges avec les services référencés de son choix, ainsi que par la mise en ligne de l’agenda médical alimenté par l’utilisateur et les services référencés qu’il a autorisés. Avant la fin de l’année, les professionnels de santé en établissement pourront accéder au dossier médical de leur patient directement dans leur logiciel.

Puis à partir de 2023, il sera possible de déléguer l’accès à Mon Espace Santé à un proche choisi par l’utilisateur, ou encore de visualiser des images médicales (IRM, radio…) directement dans l’ENS, avec le développement de la e-prescription et de l’alimentation de Mon Espace Santé avec des ordonnances structurées et sécurisées, authentifiées par QR code.

Vers des services uniquement hébergés en France ?

Suite à un avis d’un « comité citoyen », la délégation du numérique en santé a rendu son analyse de leurs recommandations sur des évolutions de Mon Espace Santé. Plusieurs de ces propositions sont donc « en cours d’instruction » par le ministère de la Santé et l’Assurance maladie, dont notamment la suspension du référencement d’un service dont les données sont hébergées dans un pays qui a quitté l’Union européenne, ou échangeant des données avec « Mon Espace Santé » et qui serait racheté par des acteurs extra-européens.

 

En tant qu’entreprise engagée pour la e-santé, HOPPEN soutient ce nouvel espace numérique qui simplifie le quotidien des soignants et rend les citoyens acteurs de leur parcours de soins.